Itinérances et Tony Gatlif

Une photo de la collection de Tony Gatlif, sur laquelle il apparaît, a été choisie pour illustrer l’affiche de la 40e édition du Festival Cinéma d’Alès – Itinérances. À l’occasion de cette 40e édition, le réalisateur a été mis à l’honneur.

Un prix Itinérances, prix du 40e Festival à un invité d’honneur : Tony Gatlif.

À l’occasion de la 40e édition du Festival, nous voulons célébrer un réalisateur dont nous apprécions particulièrement le travail et qui représente le cinéma que nous voulons défendre.
Nous avons donc créé le prix de la 40e édition remis durant le Festival à Tony Gatlif, compagnon de longue de date de notre manifestation, cinéaste majeur dont les œuvres, libres, pleines et entières sont parcourues par le voyage et l’itinérance.

Une grande partie de sa filmographie couvrant plus de quatre décennies de création, a été proposée au public (et plus particulièrement aux lycéens et étudiants en cinéma) une masterclass en sa compagnie. Cet hommage a permis également de mettre en valeur son travail peu connu de dessinateur et, bien évidemment, nous son univers musical avec un concert exceptionnel co-produit avec la scène nationale d’Alès, Le Cratère.

une grande partie de sa filmographie
une exposition à la Médiathèque d’Alès (du 5 mars au 3 avril)
une remise de prix (mardi 29 mars)
un concert produit avec Le Cratère, scène Nationale d’Alès (mercredi 30 mars)
une master class (jeudi 31 mars), , un concert produit avec Le Cratère, scène Nationale d’Alès (mercredi 30 mars)

TONY GATLIF

Auteur d’une œuvre emblématique autour de la thématique Itinérances, le réalisateur gitan andalous (né dans la périphérie d’Alger), commence par être acteur de théâtre au tout début des années 70. Le besoin de cinéma arrive assez vite. Avec un scénario tout d’abord (La Rage au poing, 1973), puis une première réalisation, en 16 mm en 1975, La Tête en ruines. Il aborde ensuite dans ses films des thèmes qui lui sont chers : l’Algérie et l’exil (La Terre au ventre, 1978), les gitans de Séville et de Grenade (Corre Gitano, 1982), la sédentarisation des gitans (Les Princes, 1982). On voit alors naître un cinéaste atypique, engagé, poétique. Musical aussi avec le magnifique et enivrant Latcho Drom en 1993 où il nous transporte dans l’histoire de la grande migration tsigane, du Rajasthan à l’Espagne et qui remporte le prix Un Certain Regard au Festival de Cannes. Il recevra d’ailleurs deux Césars de la Meilleure musique pour Gadjo Dilo en 1999 et Vengo en 2001.

Il adapte en 1994 un roman de Jean-Marie Le Clézio (Mondo), réalise ensuite le très remarqué Gadjo Dilo (1997) avec Romain Duris, parti à la recherche d’une chanteuse inconnue en Roumanie, qu’il retrouvera pour Je suis né d’une cigogne l’année suivante accompagné de Rona Hartner.

Toujours avec Romain Duris, Tony Gatlif retourne sur la terre de son enfance, l’Algérie, pour Exils qui remportera le prix de la mise en scène à Cannes en 2004. Festival de Cannes dont il fera la clôture en 2006 avec Transylvania. Il faudra attendre quatre ans pour un nouveau film : Liberté, qui offre à Marc Lavoine le rôle d’un «Juste» qui s’évertue à protéger un groupe de tziganes durant la Seconde Guerre Mondiale. Il laisse à nouveau de côté le monde des gitans le temps d’un film : Indignados en 2012, un témoignage fictionné d’une Europe révoltée. Dans Geronimo, il retrouve cet univers et fait essentiellement appel à des acteurs non expérimentés. Ensuite viendra Djam, en 2017, film sur l’exil, une errance à la frontière de la Turquie et de la Grèce. Enfin, en 2021 Tom Medina suit un jeune délinquant (dont le parcours ressemble à celui du cinéaste dans ses jeunes années) cherchant à se réinsérer dans une Camargue sauvage et mystique.

Parti de rien, autodidacte, Tony Gatlif construit, film après film, la mémoire du peuple auquel il appartient, même s’il reste étranger à l’idée d’un rattachement exclusif à une communauté et qu’il se définit lui-même comme un « méditerranéen ». Il est ce cinéaste magicien dont les films détiennent un secret inexplicable qui touche au cœur et au corps.

 

Affiche : Julie Jourdan / Photo © collection Tony Gatlif – Remerciement à Vincent Delerm